Un dégât des eaux, un samedi matin. Le client compose votre numéro, tombe sur une voix posée qui lui annonce que l'entreprise est fermée et l'invite à renouveler son appel lundi. Il raccroche. Sauf qu'il ne rappellera pas lundi : il descend sa liste, appelle le plombier suivant, et à midi l'intervention est prise par quelqu'un d'autre. Le message a parfaitement fait son travail — il a dissuadé. C'est exactement là qu'est le problème.
Réponse directe : un message de dissuasion est l'annonce diffusée à l'appelant quand la ligne ne peut pas aboutir — en dehors des horaires, quand toutes les lignes sont occupées, quand un service est momentanément indisponible ou quand un numéro n'est plus attribué. Son nom vient de sa fonction : faire renoncer l'appelant plutôt que de le laisser attendre. Ce guide donne dix modèles à enregistrer tels quels, sépare ce que vous paramétrez réellement de ce que votre opérateur diffuse à votre place, et se termine par la seule question qui compte vraiment sur ce sujet : dissuader, ou rattraper ?
Ce que vous enregistrez vous-même, et ce que le réseau diffuse à votre place
Réponse directe : deux familles d'annonces portent le nom de « message de dissuasion », et vous n'en maîtrisez qu'une seule. La première est produite par le réseau de l'opérateur — le numéro qui n'est plus attribué, la ligne inaccessible, le service indisponible. Vous ne l'enregistrez pas, vous ne la personnalisez pas, et vous ne pouvez pas la remplacer par la vôtre. La seconde est celle que vous déposez sur votre propre installation : pré-décroché, annonce de standard, message de répondeur, renvoi. C'est uniquement sur celle-là que les modèles plus bas s'appliquent.
La distinction vous évite de chercher pendant une heure un réglage qui n'existe pas chez vous. La gestion et le contrôle du plan de numérotation français sont confiés à l'Arcep, 2026 par l'article L. 44 du code des postes et des communications électroniques : c'est elle qui traite les demandes de ressources en numérotation des opérateurs, et l'état d'un numéro se joue à ce niveau, pas dans votre téléphone. Si un ancien numéro de votre entreprise diffuse encore une annonce du réseau, le seul interlocuteur utile est l'opérateur qui le détient.
Autre point à régler avant d'écrire quoi que ce soit : si vous travaillez seul, vous n'avez pas de fonction « dissuasion » à proprement parler. Selon la Veille Artisanat (CERC, 2022), 63 % des entreprises artisanales n'ont aucun salarié — dans ce cas, il n'y a ni standard, ni file d'attente, ni service à déclarer indisponible. Votre équivalent, c'est l'annonce de votre messagerie et votre renvoi d'appel. Les modèles ci-dessous vous concernent quand même, mais vous les enregistrerez sur votre répondeur — et si c'est l'annonce de répondeur elle-même que vous cherchez à écrire, avec ses variantes fixe et portable, nos exemples de messages de répondeur professionnels traitent ce cas de bout en bout.
Ne confondez pas non plus ce message avec ses trois voisins, qui se déclenchent à d'autres moments : le message d'accueil vous identifie avant la mise en relation, le message d'attente occupe l'appelant que vous avez déjà en ligne, le message de répondeur l'invite à laisser une trace. Chacun a son guide dédié — l'accueil téléphonique en entreprise pour le premier, le message d'attente téléphonique pour le deuxième, nos exemples de messages de répondeur professionnels pour le troisième. Le message de dissuasion est le seul des quatre dont l'objectif assumé est que l'appelant s'en aille.
Dix exemples de messages de dissuasion à enregistrer
Réponse directe : un bon message de dissuasion tient en trois éléments — vous dites qui vous êtes, pourquoi la ligne n'aboutit pas, et ce que l'appelant peut faire maintenant. Le troisième est celui que tout le monde oublie, et c'est celui qui décide si l'appel est perdu ou pas. Les modèles suivants sont écrits au vouvoiement, en français parlé, et se lisent en moins de vingt secondes.
Hors horaires — entreprise avec équipe. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Nos bureaux sont actuellement fermés. Vous pouvez nous joindre du lundi au vendredi, de huit heures à dix-huit heures. Pour une intervention urgente, laissez votre nom, votre commune et votre numéro après le signal : nous traitons ces messages en priorité dès la reprise. »
Hors horaires — artisan seul. « Bonjour, [Prénom Nom], [métier] à [commune]. Je suis en dehors de mes horaires d'intervention. Laissez-moi votre nom, votre adresse et ce qui vous arrive, je vous rappelle demain matin en priorité. »
Toutes les lignes occupées. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Toutes nos lignes sont actuellement occupées. Vous pouvez renouveler votre appel dans quelques minutes, ou laisser vos coordonnées après le signal sonore : nous vous rappelons dans l'ordre d'arrivée. »
Forte affluence saisonnière. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Nous recevons en ce moment un volume d'appels inhabituel lié à la saison. Laissez-nous votre nom, votre numéro et la nature de votre demande : nous traitons toutes les demandes, les délais de rappel sont simplement un peu plus longs qu'à l'habitude en cette période. »
Intervention en cours, impossible de décrocher. « Bonjour, [Prénom Nom], [métier]. Je suis actuellement sur un chantier et je ne peux pas prendre votre appel. Laissez-moi votre nom, votre commune et ce qui vous arrive, je vous rappelle entre deux interventions. »
Urgence, avec orientation claire. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Nous ne pouvons pas prendre votre appel dans l'immédiat. S'il s'agit d'une urgence — fuite, dégât des eaux, panne de chauffage, porte bloquée — laissez un message en précisant votre adresse exacte : ces appels passent devant les autres. »
Fermeture exceptionnelle. « Bonjour, [Nom de l'entreprise]. L'entreprise est exceptionnellement fermée aujourd'hui et rouvre le [date] à [heure]. Vous pouvez laisser un message ou nous écrire à l'adresse indiquée sur notre site : tout est traité dès la réouverture. »
Congés annuels, avec relais. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. L'atelier est fermé pour congés jusqu'au [date]. Si vous avez un chantier en cours avec nous et une difficulté urgente, vous pouvez joindre [Nom du confrère] au [numéro non surtaxé]. Pour tout le reste, laissez un message, nous rappelons à la reprise. »
Service momentanément indisponible. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Le service que vous cherchez à joindre n'est pas disponible pour le moment. Vous pouvez renouveler votre appel un peu plus tard, ou laisser vos coordonnées après le signal, nous revenons vers vous. »
Numéro changé. « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Notre numéro a changé : vous pouvez désormais nous joindre au [nouveau numéro non surtaxé]. Merci de le noter, cette ligne ne sera plus relevée à partir du [date]. »
Version courte, tous cas. « Bonjour, [Nom de l'entreprise]. Nous ne pouvons pas prendre votre appel. Laissez votre nom, votre commune et votre demande après le signal, nous vous rappelons. » Cette version minimale vaut mieux qu'une annonce absente : le nom prononcé rassure l'appelant sur le fait qu'il n'a pas composé un mauvais numéro. Pour les formulations qui font fuir, nos erreurs classiques d'annonce de répondeur détaillent le sujet ; les modèles saisonniers sont dans le guide congés et fermeture.
Trois erreurs qui transforment une dissuasion en client perdu
Réponse directe : la première erreur est juridique, la deuxième est une obligation que personne ne vous a jamais imposée, la troisième est celle qui coûte le plus cher. Aucune des trois ne se voit à l'écoute — elles se mesurent en appels qui ne reviennent pas.
Renvoyer vers un numéro surtaxé. Dès qu'un professionnel propose le téléphone pour permettre à ses clients de le contacter au sujet d'un contrat conclu ou d'une réclamation, l'article L. 121-16 du code de la consommation impose que ce numéro ne soit pas surtaxé, et qu'il figure dans le contrat et la correspondance ; le manquement expose à une amende administrative pouvant aller jusqu'à 15 000 € pour une personne morale, comme le rappelle la DGCCRF, 2024. Utiliser un numéro surtaxé pour d'autres prestations reste légal, mais il faut alors indiquer sans ambiguïté qu'il ne sert pas au suivi du contrat et rediriger vers une ligne non surtaxée. Autrement dit : le numéro que vous annoncez dans votre message de dissuasion à un client déjà engagé avec vous doit être une ligne ordinaire. Le choix de la ligne elle-même est traité dans notre guide du numéro professionnel pour artisan.
Annoncer une obligation qui n'existe pas, ou un délai que vous ne tiendrez pas. Aucune règle générale ne vous oblige à énoncer vos horaires dans votre annonce, ni à motiver votre indisponibilité, ni à rappeler sous vingt-quatre ou quarante-huit heures. Ce sont des bonnes pratiques, et il vaut mieux les traiter comme telles : une promesse de rappel « dans l'heure » enregistrée une fois pour toutes se retourne contre vous chaque jour où vous ne la tenez pas. Annoncez un délai large que vous respecterez toujours, ou n'annoncez pas de délai. Dernier point technique : si vous ajoutez une musique derrière votre annonce, vous entrez dans le champ du droit d'auteur et des droits voisins gérés par la SACEM et la SPRE — c'est expliqué en détail dans notre guide du message d'attente.
Dissuader sans laisser d'issue. « Veuillez renouveler votre appel ultérieurement » est la formule réflexe, et la plus coûteuse du répertoire : elle ferme la conversation sans rien proposer. L'appelant qui a un dégât des eaux ne renouvellera pas son appel, il en passera un autre, à quelqu'un d'autre. Un message de dissuasion honnête laisse toujours une porte ouverte — une messagerie, une adresse, un formulaire, un confrère de garde. Nos limites du répondeur professionnel et le panorama des outils de gestion des appels entrants pour TPE comparent ces portes de sortie.
Dissuader ou rattraper : la question que le message ne pose jamais
Réponse directe : le message de dissuasion est le seul message téléphonique dont la fonction assumée est de faire partir l'appelant. Pour un commerce avec des milliers d'appels par jour, c'est une nécessité d'exploitation. Pour un artisan qui vit de quelques chantiers par mois, l'appel qu'il dissuade est un chantier qu'il perd — et il ne saura jamais lequel.
C'est une question de volume, pas de morale. Une donnée aide à situer le prix du renoncement : d'après eVoice, près de 80 % des appelants qui tombent sur une messagerie raccrochent sans rien laisser. Ceux-là ne figurent nulle part : pas de message, pas de trace, pas de rappel possible. Vous ne verrez ni leur nom, ni le chantier qu'ils avaient à faire réaliser. C'est ce qui rend cette perte si facile à sous-estimer, et c'est ce que chiffre notre analyse du coût d'un appel manqué pour un artisan.
La conclusion pratique tient en une phrase : soignez votre message de dissuasion, mais ne comptez pas dessus pour récupérer quoi que ce soit. Il ne rappelle personne, il ne note aucune adresse, il ne garde aucune demande. La vraie question n'est pas de mieux formuler le renoncement, c'est de savoir ce qui se passe une seconde après que l'appelant a raccroché.
Ce que devient l'appel que vous avez dissuadé
Réponse directe : LockLead ne touche pas à votre annonce. Il ne décroche pas à votre place, il n'écoute pas votre ligne et ne remplace ni votre standard ni votre messagerie. Il intervient juste après l'appel que vous n'avez pas pris : l'appelant reçoit automatiquement un SMS à votre nom, avec un lien vers un formulaire personnalisé, et sa demande vous revient par email et sur un tableau de bord.
La différence tient à ce qu'il reste une fois l'appel terminé. Le message de dissuasion laisse l'appelant décider seul s'il revient ; le SMS lui met une porte sous la main, à l'instant où il pense encore à sa fuite d'eau. Il n'a pas de message vocal à laisser — ce que la plupart des gens ne font pas — il peut remplir un formulaire court, y compris à vingt-deux heures un dimanche. Ceux qui le remplissent, vous les rappelez quand cela vous arrange, en sachant déjà de quoi il s'agit. Les autres, vous ne les auriez pas vus passer non plus. Le fonctionnement complet est détaillé dans notre guide du SMS automatique sur appel manqué.
Le taux de récupération observé sur les appels manqués est de 72 %. Ce n'est pas la totalité, et il ne faut pas l'entendre comme tel : une partie des appelants ne donnera jamais suite, quoi que vous fassiez. Le service coûte 49€ TTC par mois, sans engagement, avec résiliation en un clic. Il se pose à côté de votre annonce, pas à sa place : gardez votre message de dissuasion pour dire ce que vous avez à dire, et laissez le SMS s'occuper de ceux qui seraient partis sans rien laisser.
Qu'est-ce qu'un message de dissuasion téléphonique ?
C'est l'annonce diffusée à l'appelant quand la ligne ne peut pas aboutir : en dehors des horaires d'ouverture, quand toutes les lignes sont occupées, quand un service est momentanément indisponible ou quand un numéro n'est plus attribué. Son nom vient de sa fonction : dissuader l'appelant d'insister et l'inviter à renouveler son appel plus tard, plutôt que de le laisser patienter sans réponse.
Quelle différence entre un message de dissuasion, un message d'accueil et un message de répondeur ?
Ils se déclenchent à des moments différents. Le message d'accueil est diffusé avant la mise en relation et identifie l'entreprise. Le message d'attente occupe l'appelant déjà en ligne, mis en attente par un interlocuteur. Le message de répondeur invite à laisser une trace quand personne ne décroche. Le message de dissuasion, lui, annonce que l'appel ne peut pas aboutir et invite à rappeler plus tard : c'est le seul des quatre dont l'objectif assumé est que l'appelant s'en aille.
Peut-on paramétrer soi-même son message de dissuasion ?
En partie seulement. Les annonces générées par le réseau de l'opérateur — numéro non attribué, ligne inaccessible, service indisponible — ne s'enregistrent pas et ne se personnalisent pas : elles se traitent avec l'opérateur qui détient le numéro. En revanche, tout ce qui est déposé sur votre propre installation se paramètre librement : pré-décroché, annonce de standard, message de répondeur, renvoi d'appel. Un professionnel qui travaille seul, sans standard, n'a pas de fonction de dissuasion à proprement parler : son équivalent est l'annonce de sa messagerie.
Que doit contenir un message de dissuasion hors horaires d'ouverture ?
Trois éléments suffisent : qui vous êtes, pourquoi l'appel n'aboutit pas, et ce que l'appelant peut faire maintenant. Exemple : « Bonjour, vous êtes bien chez [Nom de l'entreprise]. Nos bureaux sont actuellement fermés. Vous pouvez nous joindre du lundi au vendredi, de huit heures à dix-huit heures. Pour une intervention urgente, laissez votre nom, votre commune et votre numéro après le signal : nous traitons ces messages en priorité dès la reprise. » Le troisième élément est celui que la plupart des annonces oublient, et c'est celui qui décide si l'appel est perdu.
Est-on obligé d'annoncer ses horaires ou un délai de rappel dans son message ?
Aucune règle générale n'impose d'énoncer ses horaires dans une annonce téléphonique, ni de motiver son indisponibilité, ni de s'engager sur un délai de rappel : ce sont des bonnes pratiques, pas des obligations. Une règle s'applique en revanche au numéro : lorsqu'un professionnel propose le téléphone pour être contacté au sujet d'un contrat conclu ou d'une réclamation, ce numéro ne peut pas être surtaxé et doit figurer dans le contrat et la correspondance. Si votre message renvoie vers une autre ligne, vérifiez donc qu'elle n'est pas surtaxée.
Un message de dissuasion fait-il perdre des clients ?
Il peut, et c'est cohérent avec sa fonction : il est conçu pour faire renoncer l'appelant. Sur un volume d'appels très élevé, c'est une nécessité d'exploitation. Pour un artisan ou une petite entreprise, l'appel dissuadé est souvent un chantier qui part ailleurs dans l'heure, sans qu'aucune trace ne subsiste. La parade n'est pas de supprimer l'annonce, mais de toujours laisser une issue : une messagerie relevée, une adresse, un formulaire, ou un dispositif qui se déclenche à l'absence de réponse et renvoie un lien à l'appelant.
L'appel que vous n'avez pas pris, rattrapé pour 49€/mois
SMS automatique + formulaire personnalisé. 24h/24, prix fixe, sans engagement.
Voir les tarifs — 49€/mois